steppes sauvages. (Croyance)
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LIONTARI
Le soir tombait sur les steppes sans relief, effaçant avec lui les dernières couleurs vives de la journée. Le vent seul venait troubler l'immobilité quasi-lunaire des espaces sauvages s'étendant jusqu'à l'horizon. Avec la disparition de la lumière solaire, la fraîcheur se faisait plus vive, presque mordante. Howe resserrait tout doucement sa pelisse pour ne pas laisser échapper sa chaleur corporelle, mais il sentait le bout de ses doigts se refroidir au contact de l'air ambiant. Il ne faisait tout de même pas assez froid pour porter des gants. Il soufflait délicatement dessus pour les réchauffer un peu. Au fond de sa poche, il sentait sa plume à papote s'agiter nerveusement pour s'échapper, rejoindre un morceau de papier et y inscrire les mots que seule une plume pouvait former, mais Howe la tenait soigneusement à l'écart - il n'était pas question de la laisser écrire quoique ce soit ce soir. Sa baguette, elle, se tenait tranquille, branche de bois inanimée accrochée à sa ceinture, et il était satisfait qu'elle ne lui fît pas davantage d'histoire, parce qu'il ne s'en servait pas assez.
Mais de magie ou d'écriture, il n'était pas question ce soir, et les yeux éclaircis de Howe contemplaient avec émerveillement une silhouette fine et féminine qui poursuivaient avec acharnement sa quête de reliques. Alors que d'autres auraient déjà abandonné bien avant le crépuscule, elle continuait ses efforts dans une pénombre de plus en plus prononcée. Mais que se passait-il donc dans la tête de cette femme pour qu'elle trouvât le courage de repousser les limites de son endurance et poursuivre sa quête quand les autres avaient abandonné ? Quel mystère lui donnait cette force d'avancer, encore et encore, de chercher à s'en abîmer les yeux ? Howe ne voyait déjà presque plus rien, il forçait sur les yeux pour ne voir qu'une semi-obscurité floue à peine éclairée par les derniers rayons du soleil descendant - mais il est vrai qu'il était loin d'avoir une très bonne vue. Il ne comprenait pas vraiment Croyance, et c'était justement pour cette raison qu'il cherchait à la connaître, au-delà de toute considération journalistique.
Elle passa devant lui, près de sa cachette, et il se figea, avec l'impression d'être pris en flagrant délit d'observation. Howe n'osait plus bouger ni respirer, persuadé que tout mouvement, même infime, de sa part briserait l'harmonie environnante. Il se sentait légèrement intrus dans cet environnement, et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de revenir, encore et encore, même s'il avait d'autres choses plus importantes à faire que d'observer une chasseuse de reliques. Mais il ne pouvait résister à l'appel du mystère, et Croyance était l'un des spécimens les plus mystérieux qui lui eût été donné de rencontrer.
Howe attendait, en silence, de se faire repérer.

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LIONTARI
☆ ☆ ☆     AU COEUR DES SONGES

La jeune louve se laisse aller dans ce décor tombant et ce silence assourdissant, une atmosphère dénuée de gestes inutiles, laissant les émotions s’entrelacer et se dévorer, rongés par des obligations bien encrés. Les pupilles papillonnent et exercent tant d’effort que l’ombre d’un soupir s’échoue sur ses lippes de martyr. Son environnement s’estompe, semblable à une esquisse éprouvée par la rude journée. Le ciel se ferme dans une sphère sans couleur, pour ne pas submerger les uns et les autres, mais la nuit mue. Alors, Croyance, elle se dérobe, elle se croit dans le mutisme lâche. Pas un mot, pas plus de gestes. Mais les oreilles en alertes, les mirettes trouvent un point d’ancrage, attiré par ceux-ci. Mais elle-même portait des doutes, comme ceux qui éprouve un sentiment d’illégitimité d’arpenter ce monde. Une croyance qui ne serait pas assez forte pour prétendre le contraire. Porté par la curiosité, il ne restait plus qu’au petit croc qu’à déverser les affections qui l’assaillent en tornade sur les bruits passants.

Un pas devant l’autre, elle se déplace avec la grâce d’un félin. Chaque pas se bouscule pour traverser la barrière qui se dresse devant eux, tant et si bien qu’elle va finir par se fendiller -Ce qu’elle espère. Le flot d’un léger sourire passe, ouvrant ses pupilles pour découvrir le jeune homme aux cheveux de chêne, lui si mystérieux, lui si loin de ses yeux. Elle inspire cette fragrance de ces deux visages réunis, et apaisante tout autour.

« - Une nuit de souvenirs ? »

Le corps s’abaisse et se pose à côté, tandis que la tignasse cendrée se terre contre ce qui se trouve derrière elle, la belle crinière se penche bientôt vers le ciel. Elle le sait, Howe, il n’est pas fait pour saisir, mais pour frôler. Alors, Croyance, elle a simplement l’éclat d’un sourire qui se mue sur son faciès, son œil balafré se tournant vers son jeune écaillé.

« - Que fais-tu aussi tard ici, Howe ? »

La belle se demande et se questionne, tourbillon d’idées qui peine à se placer. Avide de sensations et d’écriture, la curiosité l’avait-il emmené loin de toutes ces aspérités que la vie lui offrait ? Mais elle ne le sait pas Croyance, elle qui fait croire tant de chose et qui jamais ne se pose. Dès lors, elle observait et contemplait le mysticisme qu’il lui adressait, elle qui avançait avec peu de ferveur la prudence qu’elle le voyait endosser. Alors, elle se contente de l’observer de son œil balafré, n’attendant pas forcément de réponse, pas forcément de beaux mensonges, mais peut-être juste des songes. Sa pupille se redresse et observe le ciel devenu noir, la chaleur les quittant dans un soupir et elle qui lui adresse un sourire.


☆ ☆ ☆


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Cet instant où leurs yeux entrèrent en contact fut si magique que Howe en eut la gorge serrée. Il se sentit happé dans le monde de Croyance, un monde où les mots n'avaient pas leur place et où les sensations se vivaient plutôt qu'elles s'écrivaient. L'impression fut fugace mais elle lui laissa un souvenir si fort qu'il se laissa démasquer sans sourciller. L'intrusion ne paraissait plus scandaleuse, elle s'était transformée en invitation à la découverte.
Il ne savait pas pourquoi elle lui faisait un tel effet. Une part d'elle échappait effectivement à toute rationalité et était aussi sauvage que les plaines où ils se trouvaient. Il perdait probablement son temps avec elle. Mais même si c'était le cas, il n'aurait pu s'en inquiéter. Il désirait percer le secret de Croyance, comprendre ce qui la rendait si particulière, sans pour autant profaner le mystère qui l'entourait. Ce n'était pas facile, et Howe avait l'impression qu'il devait, d'une manière ou d'une autre, se changer pour y parvenir. Pour un être à l'identité aussi vaporeuse que lui, le défi ne semblait pas forcément corsé. Mais en pratique, les choses étaient bien plus compliquées.
Il ne savait pas exactement ce qu'elle voulait dire par « une nuit de souvenirs », et il n'osait pas l'interroger. Peut-être ne voulait-elle rien dire exactement, et qu'il fallait interpréter. Howe n'était pas certain que l'on pût considérer cette faible pénombre comme une véritable nuit. Et quels souvenirs pouvaient avoir ceux qui en étaient privés, et qui n'avaient pas encore pris la peine d'en construire de nouveau ? Howe ne savait rien de tout cela : cette vérité-là était hors de sa portée. Il baissa la tête, légèrement honteux de ne pas savoir répondre, conscient que son accent aurait gâché la solennité de l'instant.
Plus facile fut l'autre question, directe, dans le langage du journaliste, à laquelle Howe put répondre sans réfléchir ou presque :

« Eh bien, je me promène. Il fait bien trop beau pour rester enfermé. »

Vérité, mensonge, à ce stade, Howe n'était plus sûr de rien. Il avait oublié la raison pour laquelle il était ici dans les yeux de Croyance. Il se promenait, probablement. Il n'y avait rien par ici qui pût éveiller son intérêt. Tout n'était que verdure et bois mort et animaux enfouis pour la nuit. Rien ne l'intéressait, hormis la seule autre créature vivante douée de pensée.

« Et toi ? demanda-t-il doucement. Encore en train de chercher des reliques ? Il n'est pas un peu tard pour cela ? Je me demande bien comment tu fais pour apercevoir quoique soit alors que je peux à peine voir où je mets mes pieds. »

Mais Croyance échappait à tout cela. Elle pouvait voir quand lui ne voyait plus. Elle n'était pas tenue aux mêmes limites corporelles que lui. Howe en était sûr.

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☆ ☆ ☆     UN PAS VERS TOI

Howe était un mystère que la louve ne parvenait à percer, bercé par ses songes, paraissant si mince dans ce grand étau de fleurs et d’odeurs, semblant ne vouloir se démarquer par d’amples manières. Et elle, jeune louve qui fait croire, elle était là, sous la ribambelle d’étincelle qui frétille et sautille dans le ciel avec frénésie. C’est bien là son espace favori, les yeux brillants devant ce spectacle dont elle aimerait faire partie. Puis, ses yeux d’olive retournent vers leur objet de contemplation, un jeune garçon à la tête penché.

Elle n’arrive à poser des mots sur sa réaction, peut-être, est-ce elle ou peut-être cela provient de lui, et cela en est presque éreintant tant de mystère et de candeur à l’état brut. Alors, avec lui, elle préfère enrôler les yeux de son interlocuteur, l’esprit patient. Il se promène ? Simple esprit vagabond ou cherchant autre chose avec laquelle il confond. Après tout, Croyance ne le sait pas et ne le saura jamais. Elle laisse échapper le bourgeon d’un sourire, puis d’un léger rire suite à son exclamation.

« - Je peux comprendre. Et oui, je cherchais des reliques et puis je t’ai aperçue donc je suis venue auprès de toi. Quant à l’obscurité, j’arrive à mieux apercevoir ce qui m’entoure, car je m’habitue à la noirceur en restant chaque jour un peu plus, même quelques minutes. C’est difficile par moment, mais bénéfique à long terme. »

Un léger silence s’installe entre les deux oisillons, alors que les pupilles de Croyance oscillent tantôt vers le pays qui se figure à l’horizon et tantôt le jeune garçon qui se tient à ses côtés, l’esprit fulminant d’une idée survenue. Peut-être, était-ce incongrue, mais elle allait l’accomplir comme un dû. Le dos se redresse doucement, suivi par les jambes qui se déplient et se soulève. Elle étire ses membres comme un félin au réveil. Un maigre sourire fleurit sur les babines et l’échine se penche légèrement. D’un geste volatile de la paume, elle invite son compagnon à prendre sa main.

« - Viens. »

Juste un mot. Ce n’était peut-être pas grand-chose en surface, mais bien plus pour les deux, Croyance en était presque persuadée. Le petit loup était patient, le temps qu’il faudra, pour Howe, pour cette sensation. Suis-moi, juste une fois. Ces mots qui s’écroulent et qui jamais ne franchiront ses lèvres, même pour en être murmurés. Elles resteront closes, dévorées par cette plainte sourde. Lorsque le corps se soulève finalement, elle serre ses doigts autour de ceux qui viennent de l’attraper, comme pour l’empêcher de s’enfuir.

« - Je vais te guider. »

Alors, elle recule de quelques pas, l’aidant à se lever. Puis, ses pas continuent leurs gestuelles mécaniques, sachant où aller, sachant comment se dresser. Et elle, elle le fixe de son œil balafré et lui offre le sourire d’un damné.

☆ ☆ ☆


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Il n'y avait pas grand chose à comprendre de la présence de Howe ici-même et pourtant, Croyance comprenait. Avait-elle accès à la strate métaphysique qui expliquait les actions de Howe mais dont le principal intéressé avait perdu le chemin bien des années plus tôt ? Sans doute ses yeux plus clairs que les siens se gorgeaient-ils d'une lumière dont Howe ne soupçonnait pas l'existence et qui éclairait le monde alentour d'une clarté si forte que les ténèbres s'évanouissaient sous sa beauté. Même quand Croyance le regardait droit dans les yeux, Howe n'avait pas l'impression de comprendre - ce regard de prédateur presque tout doux pour une jeune femme. Mais peut-être sa propre obscurité y était-elle pour quelque chose. Il était aveugle face à sa destinée.
Des fourmis commençaient à remonter dans ses jambes. L'envie de se lever se fit sentir, pressante, l'obligeant à les déplier légèrement. Howe aurait pu se mettre debout, se mettre à la hauteur de Croyance, mais l'impression de devoir encore passer inaperçu lui intimait l'ordre de ne pas bouger. Il était de ces hommes qui se fondaient dans les ombres là où on ne les attendait jamais, l'ombre des autres hommes, mais en l'absence de ses congénères des rochers et des herbes hautes pouvaient très bien le contenter. Chacun ici respectait sa propre nature, et les choses étaient très bien ainsi.
Un bien mal réprimé osa franchir la barrière de ses lèvres, et il se sentit vaguement embarrassé de succomber ainsi à la force des habitudes à un moment pareil, mais Howe ressentait plus que jamais le besoin de s'accrocher à ce qui lui était familier. Ce faux tic de langage le rappelait sans cesse à ce qu'il était et cela le rassurait toujours.
Une main tendue, un mot prononcé avec douceur, et le monde de Howe prenait une signification différente. Cette invitation, il l'avait tant et de fois rêvée qu'il avait cru naïvement qu'il ne saurait pas y répondre le moment venu. Un soupçon d'incrédulité le retenait encore un peu, mais la joie l'emportait largement. Les jambes déjà dépliées jaillirent de leur cachette avec force, emportant le reste du corps avec lui. Le sang reviendrait bien dans le bas de son corps, il y était habitué, mais sur l'instant, Howe s'affaira à retrouver son équilibre. Peut-être l'émotion participait-elle aussi à le perturber. Il avait toujours rêvé d'en savoir plus sur le travail de Croyance. Il allait être servi.
Il se dirigea vers la main tendue qui s'était un peu éloignée de lui, la saisit, fut saisi de sa douceur inattendue. Il s'était attendu à une patte de louve, qu'il imaginait rude et rêche, mais c'était une main humaine qui l'accueillait. Howe était surpris, mais cela ne le dérangeait guère. De près, les yeux de Croyance ne reflétaient pas plus les étoiles naissantes que de loin, mais ils étaient si proches de lui qu'ils semblaient former une nouvelle galaxie.

« Eh bien, allons-y, murmura-t-il tout doucement. Je te suis. »

Il aurait voulu enlever ses lentilles pour voir le monde sous un nouveau jour - un jour plus vrai, mais l'endroit n'était pas vraiment adapté. Il était donc condamné à rester Howe pour le moment, à voir le monde à travers les yeux de Howe, mais était-ce vraiment si grave alors qu'il n'y avait rien d'autre que Howe en lui ?

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☆ ☆ ☆ SOUS CETTE PLUIE ETOILEE

Il y a cette impression de gravité inversé lorsque sa main s’est dressé et que les étoiles sont en train de chanter. Alors Croyance, elle relève un peu plus la tête et de ces cheveux cendrés qui détonne dans ce ciel étoilé. Ses pas l’amènent dans cette brise éthérée, loin de leurs confrères et de ces habituelles terres. Ils commencent leur progression pas à pas, comme des fils de soie (car tous deux sont fragiles sous cette obscurité qui défile, ils sont parfois juvéniles).

La jeune louve observe chaque mouvement et chaque réaction, pour essayer de prévoir et de concevoir. Mais elle ne sait pas réellement comment faire devant Howe et ses airs. Elle ne savait pas quoi faire alors le guider et tout ce qui l’importait. Coulant un regard en biais de son œil balafré, elle scrute l’émotion qui suinte, qui est si différente du sien. Alors elle tente et essaie, pour peut-être faire sa grande et échouer.

« C’est un pas après l’autre, doucement, mais sûrement. Je trébuchais au début, puis on finit par s’habituer et on commence à anticiper. Tu sens l’herbe sous tes pieds ? »

Ce sont de belles fleurs, qu’ils écrasent parfois et les évitent de toute leur foi. Croyance sent chaque brindille sur ses chevilles et chaque son qui bourdonnent à ses oreilles et qui sont si près d’elle. À la fois elle s’accroche aux mains du jeune aux cheveux noisette, à la fois elle souhaiterait s’éclipser le temps d’un instant, mais jamais trop longtemps. Croyance ne sait jamais quoi penser, elle qui est pourtant si futée. Howe est une autre perception, loin des siennes et de sa propre vision.

Ils avancent encore un peu, mais elle finit par lâcher sa main pour se retourner et voir le monde qui se dresse à ses pieds. Mais comme le vide la tiraille et l’entaille, elle rattrape bien vite cette paume troublée, pour la serrer et continuer.

« Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ce que je fais chaque soir pour m’habituer. Tu sens mieux ce qui t’entoure, les sensations sont un peu différentes. »

Petit croc ne sait pas, ses mots se sont peut-être échoués loin de sa propre vérité. Pour elle, cela parait évident, mais pour d’autres moins d’aussi électrisant. Ils n’ont pas les mêmes envies, mais Croyance veut faire partager ce désir assouvis, avec ce visage couvert qui s’esquive sous la belle qui est si vive. La lueur se tait lentement, et même la grand aux cheveux cendrés se laissent conduire entraîner pour mieux étinceler. Il n’y a que ses mains agrippées qui permettent de se voir, mais elle n’en a pas besoin pour l’apercevoir. Elle sait qu’il est là, le sent comme une rose sous le vent.

« On peut faire ça un peu, de temps à autre. Seulement si tu le souhaites. »

Un peu de-ci et un peu par-là, quelques paroles prononcées et l’envie partagée. Ce n’est pas si énergique, mais elle apprécie cette présence magique. Howe est une personnalité peu commune, que Croyance aime à découvrir sous cette demi-lune.

☆ ☆ ☆


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Il fallait fermer les yeux et se délester de tout ce qui faisait sa vie pour trouver la légèreté, l'insouciance dont il avait besoin pour ne pas gâcher le moment avec des questions stupides. Au fond de la poche de Howe, la plume à papote se débattait furieusement dans l'espoir de pouvoir sortir, mais son propriétaire n'avait plus qu'indifférence face à elle - son existence semblait avoir disparu de ses pensées. Encore quelques pas, et il oublierait qu'il était journaliste, puis qu'il était tapineur, mais quelle importance, elle était dans son camp, il n'y avait rien qu'il pût apprendre d'elle pour Septima. Mais pour lui-même, les possibilités étaient infinies.
Howe essayait de suivre le pas de Croyance, en se fiant aux instructions qu'elle lui donnait. Un pas devant l'autre, cela ressemblait à ce que l'on disait aux enfants lorsqu'ils étaient petits pour les faire marcher, du moins c'était ce qu'il supposait, puisqu'il n'avait plus le moindre souvenir d'un enfant marchant péniblement devant lui. Mais comme s'il était cet enfant oublié, Howe ne parvenait pas à marcher aussi bien que Croyance, il y avait quelque chose, un équilibre, qu'il n'avait pas encore trouvé. Il ne trébuchait pas pour le moment et la main de Croyance le poussait doucement vers l'avant pour lui retirer la tentation de l'immobilité, mais Howe sentait que tout cela ne tenait qu'à un fil.

« Comme ça ? » demanda-t-il, émerveillé et terrifié à la fois.

Howe s'accrochait à la main de Croyance comme à une bouée, et il s'étonnait de marcher comme un homme ivre sur une plaine aussi plate. Mais les ombres grandissantes lui dessinaient des rochers qui s'aplatissaient invariablement sous son pied, il aurait pu se laisser tromper par tous ces ersatz et inventer des dangers imaginaires qui l'auraient empêché d'avancer. Il en fallait du courage pour arpenter ces routes de plus en plus sombres sans la moindre aide, et c'était ce qu'elle faisait tous les soirs, pour s'habituer. Il en concevait une admiration immodérée.

« Je ne vois déjà plus rien. » avoua-t-il finalement.

Il n'avait jamais eu une vue particulièrement mauvaise, pensait-il, mais il devait admettre qu'il commençait à avoir du mal à distinguer ce qui l'entourait. La nuit n'était pas noire, par encore, mais Howe se sentait déjà paralysé. Livré à lui-même, il aurait avancé à tâtons, avec une infinie prudence, craignant de mettre le pied sur la bestiole qui ne l'aurait pas vu elle non plus. Et pourtant, ils avançaient à une vitesse plus que raisonnable. Cela s'étonnait.
Puis la main l'abandonna, brusquement, cruellement, et Howe se sentit étouffé par une obscurité galopante. Si Croyance s'éloignait davantage, elle sortirait du champ de vision de Howe pour de bon. Les couleurs s'effaçaient déjà pratiquement pour lui. Il ne s'était jamais senti aussi seul de toute sa vie.
Mais la main le rattrapa alors, sentant son désarroi, et il se sentit reprendre vie. L'obscurité se fit moins profonde, et à bien y regarder, les couleurs narguaient encore la nuit tombante en résistant au manque de luminosité. Howe continua d'avancer en se sentant rassuré. Il n'était pas seul, Croyance était là, elle ne le laisserait pas tomber.
Lorsque celle-ci lui proposa de renouveler cette randonnée, Howe n'hésita pas :

« J'adorerais. »

Il ignorait qu'il appréciait cette petite promenade au clair de lune, mais la promptitude avec laquelle il avait répondu lui avait fait prendre conscience de ce fait. Cependant, Howe n'était pas débarrassé de toutes ses appréhensions, et il osa finalement mettre des mots sur le sentiment qui l'habitait.

« Mais tout de même, c'est un peu effrayant,t u ne trouves pas ? »

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☆ ☆ ☆ DOUCEMENT COMME LES LUMIERES

Ils errent en ces lieux, signe de la liberté, sous cette réalité étoilée. Ils marchent sur l’herbe dans ce silence complet, bercé par les complaintes de la nature nocturne éveillée. Croyance est égayée par les pas de son compagnon au milieu de ses fleurs et champignons. Celle que la louve apprécie tant, pensant davantage qu’à sa propre personne en s’abandonnant. Et elle n’en fut pas effrayée et jamais ne l’a jugé et encore elle ose affronter. Pour ces rares fois, elle est lasse de penser et se laisse guider. Sa voix tremble du sourire qu’elle aborde, devant tant de beauté et d’humanité. Howe et Croyance qui le surplombent de toute son affinité.

« Tout va très bien, tes yeux ne sont pas habitués à l’obscurité donc les pas et la témérité se font encore discrets. Mais doucement, tu le fais, Howe. »

La force s’en est allé, pour laisser place à la douce vie et ses secrets. La nuit n’est peut-être pas aussi colorée, bien tout aussi belle digne d’une majesté. Elle se déplace en même temps que lui, frôlant de ses pas chaque parcelle de cette nuit. Elle avait besoin de sentir ses mains comme la chaleur des flammes ou un bain, mais la présence de Howe était ce qu’il y avait de plus agréable, loin de ses pensées et envies au préalable. Elle allait à son rythme et se sentait vivante, sa paume entra en contact avec l’autre, pour mieux le sentir et avoir ce loisir. Elle avait laissé échapper un léger rire, suivi d’un « merci » sous son sourire. Elle adorait Howe et le lui montré, sans feinte et sans narguer.

« C’est un peu effrayant, je le concède. Mais c’est ce qui fait avancer, ce frisson parce qu’on ne sait pas sur quoi on va tomber. Peut-être rien, peut-être tout et c’est cette curiosité qui ne fait reculer. Que ressens-tu à cet instant ? »

De la peur, Croyance ne l’espère pas, mais elle sera là. Elle accroche ses mains contre les siennes en avançant doucement, elle devant et les bras en arrière et Howe derrière et mains avancées si chères. Ils s’approchent du ruisseau, car elle entend quelques clapotements de l’eau. Une idée traverse son esprit, mais elle veut mettre en confiance son compagnon, peut-être pour plus tard ou bientôt. Elle s’arrête soudainement à l’arrivée, ne sachant si elle sera heurtée, mais ne s’en préoccupe que peu puisque la faute dont elle doit assumer.

« Pardon. On est arrivé au ruisseau. Tu entends l’eau et les petits sons ? »

Alors, elle caresse la main de son interlocuteur pour après l’approcher d’un point accrocheur. Doucement elle se baisse et l’entraîne avec lui, pour survoler l’eau qui reste gelée. Elle frissonne légèrement sous la surprise, ne pensant pas cette fraîcheur si éprise. Ils sont ici dans cet espace et son intimité, elle adorant la réaction de Howe. Elle s’abaisse encore et finit par s’asseoir, entrainant le jeune aux cheveux noisette pour être au calme et baigné de tranquillité.

« Dommage qu’il fasse plus frais, sinon j’aurai bien fait un saut dedans. Qu’en penses-tu, Howe ? »

Croyance espèce que cela lui plaît, se montrant égoïste dans ce pré. Elle y pense actuellement et devient silencieuse, pour réfléchir à comment faire, sans savoir réellement quoi faire. La louve est un peu décontenancée et aime que la nuit cache cet attrait.  

☆ ☆ ☆


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Dominant les ténèbres déjà trop épaisses pour lui, la voix de Croyance se faisait rassurante et apportait une touche de familiarité dans cet univers un peu hostile. Elle était beaucoup plus optimiste que Howe : là où lui ne voyait de l'océan sombre dans lequel il avait plongé que ses aspects les plus terrifiants, elle le consolait en lui rappelant qu'il n'était pas encore un initié de ce monde secret, mais qu'il progressait tout doucement à son rythme. Howe aurait voulu la croire de toutes ses forces, mais le fantôme de l'incrédulité planait au dessus de lui depuis qu'il avait perdu la foi en même temps que la mémoire. Il ne savait pas s'il serait effectivement capable un jour d'affronter la nuit avec autant de bravoure que Croyance. L'entrainement qu'elle s'imposait avec fermeté la placerait toujours loin devant lui dans son domaine. Tout au plus voulait-il être capable d'avancer sans trembler, avec la fierté de celui qui se noie dans les ombres les plus épaisses sans en éprouver la moindre appréhension. Mais même cela, Howe ignorait s'il en était capable.
Et il se disait Lion.
Croyance reconnaissait qu'il y avait quelque chose d'effrayant dans le fait de marcher pratiquement à l'aveugle dans un endroit inconnu. En y revenant une deuxième fois, Howe pourrait fort probablement se sentir déjà un peu plus à l'aise, mais pour une première fois, c'était terrifiant. Elle l'incitait cependant à dépasser cette peur primitive et à en faire une force. Howe était loin d'être aussi courageux qu'il l'aurait voulu, il ne fonctionnait pas à la peur, mais à l'obligation, au secret, à la discrétion. Il ne pouvait pas changer si radicalement. Elle lui demandait de mettre des mots sur ce qu'il ressentait, et il dut prendre le temps d'y réfléchir, car c'était typiquement le genre de choses qu'il ne savait jamais exprimer.

« Bien... » commença-t-il sur un ton hésitant.

Howe avait les mots adéquats pour décrire ce qu'il ressentait, mais il ne se sentait pas le droit de se les appliquer. Il faisait toujours une distinction nette et précise entre ses sentiments et ce qu'il était censé ressentir. En essayant de refaire la synthèse entre les deux, Howe se rendait compte qu'il ne pourrait jamais recoller les morceaux, qu'il était condamné à cette dualité étouffante.

« Je ne sais pas, avoua-t-il enfin. C'est juste... bizarre. »

Les sons qui gagnaient en profondeur à la faveur de la nuit, les ombres qui s'allongeaient, la lumière qui le privait de toute vue, tout ceci lui laissait une étrange sensation de vulnérabilité que Howe ne pourrait jamais avouer. Ne pas paraître faible, ne pas montrer sa peur, c'était ce qu'il se répétait chaque jour ne pas flancher. Se sentir vulnérable aurait dû être quelque chose de désagréable pour lui, mais il n'en était pas certain. Howe découvrait des choses qu'il ne pensait pas avoir le droit de penser.
Croyance lui signala la présence d'un ruisseau sur leur route. Howe imaginait beaucoup de choses sur ce ruisseau - ce n'était pas très grand, comme cours d'eau, mais il n'avait aucune idée de la véritable grandeur de celui-ci. Un pied, un pas, un bras ? Face à lui, l'eau clapotant doucement avait la présence d'un fleuve. Si Croyance ne le lui avait pas dit ce dont il s'agissait, Howe aurait cru se trouver face à une rivière serpentante.
Sa main, à l'invitation de Croyance, entra en contact avec l'eau froide. Howe grimaça de surprise, bien que la sensation en soit ne fût pas si désagréable que cela. L'eau qui se pressait lentement sur sa peau était même plutôt douce. Mais la température le choquait un peu, il ne s'attendait pas à si bas. Howe fut rassuré de voir que Croyance elle-même trouvait l'eau trop froide pour s'y baigner, et encore plus de savoir qu'il n'aurait pas à s'y plonger lui-même. Lorsqu'elle lui demanda son avis, son soulagement était tel qu'il lui fut beaucoup plus facile d'exprimer ce qu'il pensait :

« Tu sais, Croyance, même en pleine journée, lorsqu'on voit bien le fond, j'hésite à me plonger dans une rivière. Alors de nuit, ce n'est même pas la peine. »

Parce qu'une rivière pouvait renfermer tant de dangers : des courants traîtres, des rochers coupants, de la mousse glissante, des poissons agressifs... Howe n'y voyait rien d'accueillant, ni de particulièrement repoussant, en fait. C'était la nature, dans sa plus sobre simplicité. Elle ne lui parlait pas, ne le rejetait pas : elle était là, sans se soucier de lui. Croyance avait peut-être un rapport particulier avec elle, mais ce n'était pas son cas à lui.
Assis l'un à côté de l'autre face à ce petit cours d'eau, Howe finit par percevoir les mouvements de l'eau, si légers qu'ils ne captaient pratiquement pas de lumière. Le bruit était légèrement plus fort, si on y prêtait attention, il finissait même par devenir obsédant. Il ferma les yeux sans noter trop de différence avec ce qu'il voyait les yeux ouverts. Les ombres aussi dansaient dans ses paupières. Il était sans doute plus calme parce qu'il ne risquait pas trébucher. Un animal risquait en revanche de venir trouver refuge chez lui, et Howe croyait entendre bourdonner des mouches ou n'importe quelle autre bestiole volante désireuse de se repaître de son sang. Mais cela, il pouvait le gérer.

« Quelle taille a ce ruisseau ? » demanda-t-il finalement.

Il en voyait le début, mais la fin se perdait hors de son champ de vision extrêmement réduit. Il voulait savoir s'il avait affaire à un obstacle infranchissable, ou s'il n'aurait fallu qu'une enjambée ou deux pour le traverser. Et passer de l'autre côté d'un monde, l'autre rive, inexplorée.

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☆ ☆ ☆ DOUCEMENT COMME LES LUMIERES

Belle nuit pour être perdu, une première fois dans toute leur foi face à une idée saugrenue et pourtant ingénu. La louve pense se perdre dans ce ciel étoilé, mais aussi dans ces yeux noisette étincelés. Dans ce surplus de vert en bonne compagnie, elle découvre un nouvel univers avec son ami. La perte de mémoire est lumineuse et a réduit son monde dans un océan estampillé, mais elle continue de nager malgré les adversités. Alors Croyance, elle possède cette foi comme cette étendue de verdure, loin des plaintes et des ordures. Elle préfère déambuler de sa belle épopée, bravant les tempêtes et lever son épée (haut et fort, plus loin et encore)

Elle voyait en son compagnon ce qu’elle n’était pas, ce qu’elle n’éprouvait pas, et ce qu’elle n’enviait pas. Bête éphémère à l’amour décousue, qui paie sa défaite devant ce regard qui ne lui ait pas dû. Vagabonder dans la plaine et sur les eaux, pour mieux abandonner leurs âmes à la pureté du flot si beau. La louve ballade ses mains tantôt sur la rive tantôt sur l’herbe, profitant de la brise et de Howe si superbe. La lumière s’est éteinte depuis longtemps, réelle et changeante comme Croyance qui ne veut s’abaisser et toujours supplanter.

« Ahah, je peux te comprendre ! Mais si tu es avec quelqu’un, le feras-tu tout de même ? »

Mais petit croc possède cette nature humaine que l’on ne peut réfuter, essayant sans arrêt de retrouver le souvenir d’où elle est née, mais dont elle ne pourrait jamais se rappeler, alors elle se tait et elle reste où elle est en continuant à être émerveillée. Plongée dans ce ruisseau gelé, ce ne sera pas différend que de frapper un loup blessé.

La douleur sera là le temps d’un instant, pour s’échapper et se perdre dans le néant, sans savoir plus quoi penser devant ses yeux assombrit et le cœur qui se raffermit, insensible à cruauté terrestre qui l’entoure, jamais ne pourra au-delà de sa foi de sa propre tour. La faune et la flore s’exercent à leurs côtés, tandis que Croyance ose un regard vers son initié. Elle se redresse, elle et son genou, pour s’adosser et regarder (tantôt Howe tantôt le ruisseau)

« Hum, pas très large et peu profond. C’est un ruisseau qui est très long, mais dont la traversée ce fait en quelques enjambées, toute au plus. Tenté de traverser ? »

Petit voix taquine et sentiment qui s’anime, elle est joyeuse et animée (bouleversée d’être à ses côtés, par ce trop-plein de sûreté et de pureté) et que les alentours viennent les acclamer. Elle ne voit plus grand-chose, mais la magie peut être efficace pour ce genre de chose. Les yeux d’olive se plissent et glissent, sans parvenir à distinguer, mais ne souhaitent aucunement effrayer. Alors elle esquisse des mouvements félins, pour s’allonger et entraîner Howe d’un ton taquin.

Ils se posent sur le sol frais, s’ancrent dans ces terres de leur corps élancés. Croyance l’a entraîné par surprise, mais ne compte pas s’excuser pour être un peu exaltée, pauvre enfant égoïste qui ne comprend pas et ne veut pas le rendre triste. Mais il n’y a aucun danger constant, alors autant être posé fièrement, pour laisser les souvenirs vivre à présent, en compagnie de Howe de temps d’un instant. Elle se tourne sur le côté, le regard perdu en essayant de trouver son compagnon.

« Si je te dis que je ne vois quasiment plus rien, ça te fait quoi ? »

Alors, elle réfléchit et saisie, mais n’ose pas au début et va tout de même se lancer d’un geste ingénu. Elle tend la paume en avant et touche un bras, celui de son regard noisette qui tressaute et elle s’arrête. Il n’y a rien de bien mauvais, ni de songes désuets, juste un geste qui cherche la proximité d’un autre, pour prouver qu’il est là parmi tant d’autres. Elle veut qu’il reste, mais à peur qu’il se redresse. Le temps avance avec elle et lui, près de ce cours d’eau et des rêves de nuit. Elle semble attendre quelque chose, mais ne sait pas réellement quoi.

« Tu n’as pas l’habitude de faire ce genre de chose, non ? »

Ce ne sont que des questions, pour mieux saisir et le retenir, pour mieux apprendre et partager, pour mieux ressentir et faire aimer. Croyance ne veut cependant pas le brusquer, alors elle attend tant qu’il le souhaite, pour ne pas le plus s’esquisser de la fête. Elle attend alors simplement, d’un mot de plus pour un sourire qui se perdra dans cette nuit de rêve, une fois de plus.

☆ ☆ ☆


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La présence de ce ruisseau devant eux marquait la fin du monde et les limites où Howe pouvait aller. Il savait qu'il ne verrait jamais l'autre côté, même accompagné. Il ignorait quand exactement il avait abandonné cette perspective, mais elle avait fini par lui apparaître comme une certitude. Peut-être parce que Croyance lui demandait s'il était capable de se baigner dans une rivière avec quelqu'un d'autre, et qu'il devait s'interroger sur ses capacités. Howe était plus peureux qu'il le pensait. Il n'avait pas peur des hommes et de leurs mensonges, il savait les gérer. Il craignait en revanche les étendues sauvages qui ne feraient aucun cas de lui, non par cruauté, mais par simple intolérance. Être tué de la main d'un homme qui le détestait était quelque chose que Howe comprenait. Mourir d'une nature qui ne se rendait même pas compte de ce qu'elle faisait était terrifiant. On ne pouvait trouver aucune justification. Voilà bien ce qui l'effrayait secrètement.
La présence d'un autre n'y changerait sans doute rien. Lui aussi se laisserait happer par la nature. À moins que...

« Peut-être, si cette autre personne est capable de calmer des flots furieux. »

Malgré toute la magie du monde, ce n'était physiquement pas possible, du moins, pas avec les moyens du bord, ceci dit, ce n'était peut-être pas uniquement cela que Howe avait eu en tête. Il n'avait pas précisé à qui appartenaient ces flots déchaînés.
Il faisait désormais si noir qu'il ne sentait même plus le regard de Croyance sur son visage. Le monde entier s'était perdu dans une obscurité impénétrable, à l'exception de quelques rayons de lune perçant parfois mélancoliquement les nuages épais. Elle aurait pu disparaître sous ses yeux sans qu'il ne remarquât rien. Howe aurait peut-être confondu le bruit d'un corps se levant avec les sons de la nuit. L'idée éveillait un soupçon d'angoisse à la bordure de son cœur. L'idée qu'il aurait pu être abandonné sans rien remarquer. Howe le savait bien, elle ne partirait pas sans lui, et donc ne craignait rien, mais l'idée chatouillait quand même ses pensées les plus vagabondes. Il ne fut pas soulagé quand elle reprit la parole, mais il songea à quel point l'abandon aurait pu être vrai. Elle lui décrivit un petit ruisseau qu'il serait aisé de traverser. Cela la tentait. Howe n'en avait pas franchement pas envie. Il était déjà arrivé allé trop loin. Il crut cependant qu'elle allait l'entraîner vers le ruisseau. Pour la première fois, son cœur cria non. Mais elle respecta ce désir qu'il n'avait pas formulé. Elle le laissa de ce côté de la rive, sur la terre ferme, d'ailleurs, sur la terre ferme. Elle s'amusait avec lui d'une façon qu'il trouvait un peu étrange mais pas forcément désagréable. Elle le touchait sans qu'il pût lui renvoyer ce geste, par crainte de la blesser. Ce n'était pas gênant, en fait, il ne savait pas trop pourquoi. Les étoiles tournoyaient, invisibles, au dessus de leur tête. Howe ne les voyait pas, mais il devinait leur existence et la surveillance discrète qu'elles effectuaient derrière le voile cotonneux.
Désormais, Croyance non plus ne voyait plus, pourtant, Howe ne parvenait pas à perdre la confiance qu'il lui portait. Il était certain qu'elle saurait le ramener à bon port lorsque le temps serait venu. Ce qui lui semblait impossible à lui était tout naturel pour elle.

« C'est tout de même un peu inquiétant. » coassa-t-il contre son gré.

Une main s'approchait de son bras, lui rappelant qu'il n'était pas seul. Comme si Howe allait oublier. Croyance lui fit remarquer qu'il n'avait pas vraiment l'habitude et il lui répondit presque par réflexe :

« Eh bien, c'est normal quand on plonge dans le monde de quelqu'un d'autre. Il fait sombre et froid, et je pourrais me croire seul et abandonné dans un environnement hostile, mais je sens ta chaleur près de moi et d'une certaine manière, ça me rassure. Je crois que je me mettrais à paniquer si tu n'étais pas là, mais je me sens bien ici. Presque. »

Il ne pouvait totalement effacer ce malaise que la perte de la vue et des repères provoquait en lui. Il avait perdu tout contrôle depuis qu'il était ici, et parfois, il trouvait cela suffoquant. Il aurait voulu se sentir un peu moins dépourvu. Pourtant, il était heureux d'être ici. Il n'avait pas envie d'être ailleurs.
Il tourna la tête vers là où il savait être Croyance, même s'il ignorait au juste ce qu'il regardait. Sa voix semblait provenir de là, après tout, et s'il plissait suffisamment les yeux, peut-être pouvait-il voir sa silhouette aux contours flous. Ses lentilles le brûlaient du désir de voir réellement, mais même en les enlevant, Howe n'aurait rien pu apercevoir de plus. Et il glissa doucement, dans un souffle :

« J'aurais aimé te faire découvrir mon monde aussi. Pas celui des hommes dans lequel on évolue, pas celui des secrets et des informations qu'on discute : l'autre. »

Howe laissa passer un petit instant qu'il mit à profit pour reprendre son souffle. Peut-être était-il ivre, après tout, d'une ivresse dont il n'avait jamais entendu parler et qui impliquait de se retrouver dehors en pleine nuit.

« Il n'y a qu'un petit problème. »

Doucement, il se sépara du bras de Croyance, sans la rejeter réellement - c'était lui-même qu'il repoussait en fait.

« Cet autre monde n'existe pas. »

Le vide de son cœur, la vérité qui n'existait pas à son sujet. Howe poussa la main dans la direction de Croyance, tâtonnant pour trouver son bras et retrouver contact avec sa chaleur de louve.

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☆ ☆ ☆ RESTER UN PEU PLUS LONGTEMPS

Se propage et reste comme un ancrage dans ses os et sa peau, donnant une chaleur envahissante, une flamme brûlante. Parce qu’elle s’exulte de tout, profitant de ses aspects de loup, une vague déchaînée contre cette bouille noisette éreintée (par Croyance, par sa prestance). Le ciel s’est posé et a soufflé, jusqu’à emplir ces cotons, jusqu’à remplir ses poumons au petit croc, à cette louve accroc. Elle ne bouge pas, car elle ne veut pas le brusquer et laissant être caressé par ce froid, descendant dans les bras, s’enrouler autour des jambes qu’elle laisse tendre, elle reste encrée sur terre, posant tout son être dans cet univers, restant immobile, pour garder ce moment indélébile.

« Je peux comprendre Howe. Surtout, dis-le-moi lorsque tu ne peux pas. Tu dépasses déjà tes limites sans doute, je ne veux pas t’imposer quelque chose pour ma propre satisfaction. Jamais, d’accord ? »

Bienveillance qui tambourine dans son cœur, comme un écho et sans peur, ni accroc. Elle ne veut pas peindre ce sourire voilé par un sentiment qui n’arrive à s’exulter, ou à s’expliquer. Croyance reste parfois égoïste, écume de tendresse perdue dans son ivresse et qui l’attriste. Le cœur qui se dresse doucement, qui souhaite tendrement, mais qui attend patiemment. Le silence plane, elle écoute et se fane. Des syllabes embrouillées qui s’érodent devant elle, à la faveur d’un étonnement accidentelle (mais qui n’est pas aperçu, la nuit cachant la vue) et la paume qui revient vers l’autre, phalanges qui serrent à peine, tendant de happer à en perdre haleine. Elle lui tient seulement la main, et le cœur qui se bouscule dans le néant qui n’est pas si lointain. Au creux de ses paumes et de son cœur, se niche le silence et laisse cette chaleur. (marée de flamme, rivière embrasant les âmes)

Croyance ne peut savoir si l’angoisse enserre son compagnon et se décharge de ses actions. Elle ne craint rien pour elle, mais davantage pour lui, qu’elle ramènera près de son lit, à lui. Elle voguera alors dans les terres, à la recherche de ses reliques qui lui sont chères. Elle se sent obnubilée par la noirceur, mais davantage par cette douceur. Cette voix connue aux sens appliqués, qui essaie de ne pas frémir malgré cette nuit qui fait blêmir. Elle a alors un battement de paupière, ses sens aux alertes et l’envie qui se fait soudaine.

Alors elle n’attend pas, la jeune femme aux cheveux décolorés, pour se jeter dans ses bras. Elle serre ce corps de toute sa bienveillance, malgré la fraîcheur qui les lance. Elle échappe à la réalité durant quelques secondes, qui pour elle sont une éternité et qui peut être immonde. Sans doute égoïste de sa part, mais elle, s’écarte et reste à part. Elle finit par exhaler un soupir, loin de ses envies et de son sourire. Qui finit par réapparaître, pour que la tête bivouaque et s’ancre dans Howe.

« Allez viens. Il commence à faire trop froid et trop noir. Rentrons. »

Et elle sort sa baguette, cet objet qu’elle utilise rarement, pour lancer un sort et guette, le tendant en l’air doucement. La voie était dégagée, et elle put apercevoir le visage qu’elle a enlacée. Grâce à cette lumière (qu'elle utilise peu pour rester fière) Elle se relève doucement, pour tendre le main d’un air absent. C’est un automatisme, une chose sensée, qu’elle fait envers lui et qui reste encré. Elle est patiente et veut seulement tenir sa main, sans doute un nouveau caprice qu’elle jugera demain.  

☆ ☆ ☆


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Les contraires creusaient doucement le fossé qui les séparaient à la faveur de la nuit. Privé du sens de la vue, Howe ne pouvait plus attacher son regard sur ce qui le ressemblait, mais devait faire un effort pour percevoir ce qui était proche de lui. Il avait effectivement atteint ses limites : il aurait pu aller plus loin, il le savait, mais cela n'aurait pas été raisonnable, il se serait perdu. Il tenait à garder un peu de l'homme craintif qui n'osait explorer la nuit - même si son véritable lui, son ancien lui, n'avait peut-être jamais craint les ténèbres mais les avait au contraire bravées. Il ne voulait pas devenir quelqu'un d'autre, pas tout de suite, alors qu'il avait déjà du mal à gérer son absence d'identité. Il rassemblait autour de lui du mieux qu'il le pouvait les fragments identitaires qui lui restait et s'en couvrait pour camoufler sa vacuité. Le moment n'était pas venu pour évacuer ces fragments et les remplacer par des souvenirs trop fragiles de cette nuit.
Elle semblait comprendre, ne voulait pas le pousser à aller plus loin. Il en ressentait un soulagement qu'il ne saisissait pas vraiment. Peut-être une partie de lui avait peur d'elle, en fin de compte. Non, pas de Croyance, en fait : de ce qu'elle pouvait lui apporter. Le délitement total de sa personnalité en une communion régénératrice pour les autres mais destructive pour lui. Et Howe ne craignait pas vraiment : il avait confiance en sa capacité à résister à un changement qu'il ne désirait pas.
Un corps, subitement, se pressa contre le sien, et instinctivement, il le serra à son tour. Il avait reconnu la forme de Croyance entre ses bras et n'avait pu s'empêcher de s'accrocher à elle. Il ne pouvait dire ce qui avait poussé la jeune femme à cette proximité, mais il savait très bien pourquoi il lui répondait ainsi. La solitude qui caractérisait sa vie avait parfois besoin d'une béquille que le contact humain lui fournissait - et celui de Croyance était loin d'être désagréable. Peut-être parce qu'il ne la trompait pas, elle. Howe était honnête avec elle, du moins, autant qu'il lui était possible d'être. Et puis tant de choses pouvaient passer par les gestes que les mots étaient impuissants à décrire - langage corporel que Howe maîtrisait assez mal mais comprenait plutôt bien.
Mais Croyance se retira et Howe n'osa pas lui dire qu'il aurait aimé qu'elle reste un peu plus. Ses motivations lui paraissaient encore plus floues qu'auparavant et il craignait qu'à chercher un attachement profond avec elle, il finirait blessé. Il garda le silence, mais son sourire s'était légèrement fané. L'échappée hors du temps était terminée : l'heure de rentrer sonnait, et avec elle, la lumière, au bout de la baguette de Croyance, revenait.
Howe se protégea les yeux, brusquement ébloui par le contraste de luminosité. Pendant quelques instants, la lumière fut pour lui plus sombre que l'obscurité la plus profonde. Puis il parvient à percevoir la silhouette souple de Croyance. Il accrocha ses yeux à celle-ci, afin de ne pas regarder réellement cette petite rivière qui lui avait semblé un obstacle infranchissable et qui perdait de sa majesté une fois illuminé. Saisissant la main qui lui était tendue, il se releva à sa hauteur - et lui sourit. Il était peut-être trop tôt pour la remercier, alors Howe la regardait comme s'il ne l'avait encore jamais vue.

« Je me sens... différent. Comme si j'avais aperçu quelque chose que je n'aurais pas dû voir. »

Il ne parvenait pas à exprimer ce qu'il pensait réellement, mais il se doutait que son regard, ses yeux faussement clairs et un peu gonflés, exprimaient à sa place ce que son cœur aurait rêvé de crier.
Ses doigts étaient si froids, contre la paume à peine plus chaude de Croyance.
Mais ce n'était que de peu d'importance.

« Je te suis. » dit-il, incertain de retrouver son chemin tout seul.

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☆ ☆ ☆ LE TEMPS D'UN INSTANT POUR LE FAIRE DURER ÉTERNELLEMENT

La jeune louve se tient à ses côtés, dans cette nuit opaque dont les mystères se braquent et traquent (Ceux qui marchent, loin de cette arche (de paix)). Et dans cet air glacé, ils ont tous deux leurs doigts gelés, mais entrelacés. Le silence s’installe et elle souhaite braver les interdits et ces mots démunis pour cet être transi pour laquelle elle irradie (dans ce voile obscur dont ils n’ont cure). Et elle lève la tête pour mieux voir, aperçoit ce sourire qui lui sert sous cette nuit étoilée, fait brûler (dansés et éclatés) dans ses veines, ce geste qu’elle attendait, reine.

Il n’y a que ce calvaire de tant de douceur et parfois d’un peu d’ardeur. Crinière cendrée qui s’exulte de ses pensées pour éclairer le chemin si peu animé, à travers ses herbes hautes et les sons qui les transportent. Et ils peuvent voir ces petites bêtes qui miroitent et gravitent, dansant autour d’eux si vite. Ses yeux d’émeraude se posent sur le ciel, puis revient sur son compagnon réel. (qu’elle préfère de mille manières).

« - Je ne peux que comprendre. Que ce soit la première fois ou la cinquantième fois, l’émotion et le sentiment qui m’anime sont toujours les mêmes. On n’arrive pas à mettre le mot dessus, à l’exprimer clairement, on le vit, simplement. »

C’était ainsi qu’elle le concevait et espérer que Howe le partager. Le retour est davantage plus facile, car ils ne suivent qu’un file (beaucoup moins gracile) teinté de peu d’allégresse et presque trop funeste. Car les gestes se pressent et les mots se pèsent (dans ce noir dont ils ne peuvent pas bien se mouvoir) mais la véracité est plus difficile à exprimer, que Croyance expulse avec agilité (de son expressivité, de sa bienveillance innée, mais aussi de son impulsivité) Les pas les guident encore un peu, mais elle ralentit l'allure autant qu'elle le peut.

« - Je n’ai pas vraiment envie de rentrer tout de suite Howe. Veux-tu qu’on aille ailleurs ou, il se fait bien trop tard ? »

La fatigue ne peut échapper à chacun, qui les frappe un à un. Même elle s’étire doucement comme un félin, avec une flamme doucereuse qui s’éteint. Les heures se sont écoulées sans y penser, et la réalité des faits la rattrape dans ses muscles défaits. Elle ne peut le nier dans cette immensité. Mais elle a toujours ce coin des lèvres qui se relève, pour admirer ce que le monde peut lui donner. Et elle aime davantage ces yeux noisette, qui se plissent, cette si belle tête. Elle lui coule toujours un regard, pour pouvoir se perdre comme un miroir, en lui et sans jamais être en retard.

Et doucement, ils reviennent sur leur pas, ralentissant l’allure afin de rester dans l’émoi. Avec Howe, il n’y a qu’une odeur infinie de douceur et de vérité pudiquement dissimulée, que même Croyance a du mal à s’habituer. Et elle oublie quand il la regarde à nouveau le fond de sa rétine, qui s’imprime et s’obstine, de la délicatesse des gestes qui lui font l’effet de l’ivresse. Alors elle s’y accroche comme elle peut, tant que lui le veut.

☆ ☆ ☆


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Libéré de la tension de connaître sa destination, libéré de sa vue défaillante qui ne lui servait à rien dans cet univers d'ombre et de ténèbres, Howe pouvait laisser ses autres sens s'épanouir. Sa peau captait tout particulièrement le contact de Croyance dans sa paume, mais elle lui renvoyait d'autres sensations qu'il n'aurait jamais cru pouvoir ressentir avec tant d'acuité. Cette résistance de l'air, par exemple, qu'il ne remarquait qu'à grande vitesse et qui existait pourtant aussi lentement - quoique le terme de résistance ne fût pas tout à fait approprié, car l'air caressait sa peau plus qu'elle ne s'y frottait. L'humidité qui tombait épaississait cet air et les emprisonnait dans un cocon cependant trop fin pour vraiment les retenir. Coupés du monde, les sons apparaissaient aussi étouffés, et leur respiration respective, plus ou moins saccadée pour Howe, venait soutenir cette charmante mélodie. La nature, enfin, venait effleurait ses narines et lui offrait l'odeur de l'herbe fraîchement coupée - alors qu'elle n'avait jamais quitté le sol. Tout cela était charmant et légèrement moins inquiétant que ce qu'il avait vécu jusque là.
Leur échappée dans la nature sauvage prenait fin, et pourtant, Howe sentait que tout n'était pas fini entre eux deux. Son esprit rationnel lui soufflait qu'il n'avait pas obtenu d'elle ce qu'il aurait fallu, à savoir quelque chose à se mettre sous la dent en vue d'un prochain article. Mais cela lui paraissait si trivial en comparaison de ce qu'il avait vécu ! Il était bien un intellectuel pour ne pas percevoir la richesse d'un monde vierge de toute empreinte humaine si personne n'était là pour la lui montrer - et dans sa tête, ce mot se gorgeait d'une connotation négative. En revanche, son cœur lui hurlait qu'il ne pouvait pas en rester là, qu'il fallait poursuivre le chemin d'une façon ou d'une autre en compagnie de celle qui l'avait éveillé à une autre facette de la vie.
Ce sentiment était réciproque, puisque Croyance lui proposait d'aller ailleurs, afin de poursuivre la soirée. Howe resserra sa prise sur les doigts de la jeune femme. Il était infiniment heureux de cette proposition. Il se demandait cependant s'il était approprié de l'inviter à aller voir un verre, comme il avait souvent l'habitude de le faire. Il se doutait bien qu'un tel rendez-vous ne leur permettrait de se découvrir comme le permettait leur escapade, mais il se sentirait probablement plus dans son élément. Howe était après tout un être relativement sociable, qui aimait sortir lorsqu'il en avait l'occasion, probablement parce qu'être accompagné de quelqu'un était préférable à ressasser des idées noires. Mais cette atmosphère conviendrait-elle à une personne aussi sauvage que Croyance ?

« J'aimerais beaucoup rester avec toi encore un peu, avoua Howe sans honte aucune. Voudrais-tu m'accompagner en ville ? »

Il n'était jamais trop tard pour lui.

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☆ ☆ ☆ LE TEMPS D'UN INSTANT POUR LE FAIRE DURER ÉTERNELLEMENT

Ces doigts qui se resserrent contre les siennes.
Et cette conviction magique, loin d’être cartésienne.

Croyance la connaît sur ses lèvres qui frémissent et qui s’esquissent dans un délice. Elle souhaitée tant qu’il vienne la chercher, elle voulait lui hurler de ne pas la laisser s’en aller. Croyance, douce enfant égoïste, loin d’être anarchiste. Que la sentence la fige et la condamne, pour ces envies, ces tiges révélatrices qui la damnent. Que ses mains étreintes le voile de la véridicité de leur sensibilité, abreuvé de pensées sous le passage éclairé. Et ces exaltations la transportent, cette transe la conforte.

Mais elle espère ne pas être la seule dans cet état, pour l’illuminé de son éclat. Ces mots sifflent à ces oreilles, enflammés dans la poitrine sans pareille. La jeune femme aux cheveux cendrés lève le menton, le sourire aux lèvres comme un chaton (sans doute pas, louve aux mille pas). Le fil fin de ses paupières papillonne comme une sentence, l’accord est scellé dans ces yeux étoilés.

« J’aimerais beaucoup oui. Allons-y ! »

(encore un peu, tant qu’on le peut) De cette voix qu’on écorche d’un esprit suspendu, consumé au fond de ses iris les gestes presque rompus. Calèche d’un brasier indicible face aux actes manqués. Ou peut-être était-ce seulement dû à cette mansuétude confiée au fond d’elle, se plantant dans son être comme une étincelle. Une volonté altérée vagabonde, et la louve recule sans être furibonde. Elle veut que les rôles soient inversés, qu’elle soit simplement guidée. Alors elle laisse Howe passer devant, sans lâcher sa main un instant. Ils sont seulement ballotés par les vents perçants, bientôt bercés par le vacarme ambiant.

« Je te suis maintenant, Howe. »

Elle se complaît dans cette situation, loin des dires et élucubrations (seulement dans ses mirages, qu’elle veut garder près de son rivage). Elle ne lâche pas la paume glacée, et s’accroche presque d’un geste désespéré. Bientôt, ils quitteront cette prairie d’aménité, pour aller vers les festivités, boire et festoyer. Peut-être proche de l’intimité, ou loin de cette idée. Ils veulent seulement encore contempler ces êtres convoités, de tant de manières et d’envies, de leurs pensées inassouvies. Elle reste alors en arrière, puis se place à ses côtés sans manières. Pour la jeune aux yeux d’olive, il n’est qu’une entité débonnaire, sous ces sourires peu fiers. Alors elle veut se souvenir de ce jour qui s’allonge et qui restera tel un songe.

☆ ☆ ☆


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